Femmes

Qui a inventé le bleu de travail ?

by Mathilde Berthier
10.07.2017
Grand manitou de la combinaison, la Parisienne Carolina Ritzler s'appuie sur des siècles d'histoire. Du dessous ou bleu de travail, ses collections dépoussièrent le vêtement de fonction.

Que faisiez-vous avant la mode ? 

Avant de lancer ma marque, j’étais responsable des ventes pour une marque de prêt-à-porter. Pour satisfaire mes élans artistiques, je chantais dans un groupe de musique... J'ai toujours eu envie de créer quelque chose : à un moment, c’est devenu vital.

À vos débuts, pourquoi avoir choisi la combinaison parmi toutes les pièces qui composent le vestiaire féminin ? 

La combinaison a un réel pouvoir. Une femme qui porte une combinaison en soirée a plus de charisme, elle devient magnétique. En jouant avec les codes du masculin-féminin, on peut évoquer le désir de façon suggestive.

La combinaison est-elle vraiment le "le plus vieux vêtement du monde" ? 

Elle est l'ancêtre du sous-vêtement. Dans le passé, il existait des combinaisons-robes et des combinaisons-culottes. C'est en "coupant les jambes" de la combinaison que la culotte est née. Et puis, depuis le Moyen-Âge, tous les artisans l'ont un jour portée comme un vêtement de travail : des peintres, des agriculteurs, des menuisiers…  

"C'est en ''coupant les jambes'' de la combinaison que la culotte est née"

Justement, que vous inspire le bleu de travail et son implacable succès sur les podiums de l’automne ? 

L’authenticité de l'artisanat a quelque chose de rare et de réel. Le bleu de travail sous toutes ses formes me procure une émotion, il m'inspire une sincérité. À une époque où tout va très vite, la combinaison devient une alliée, elle nous permet d'incarner un rôle précis à un instant précis. 

Vous-même, vous ne sortez qu'en combinaison ?

Presque ! Mais je porte aussi des chemises d'homme, de longues jupes taille haute, beaucoup de blazers, de trench-coats et de capes. Je suis aussi attirée par les uniformes, les costumes traditionnels. En général, j'assortis toujours mon haut à mon bas. 

"Le made in Paris est une vraie valeur ajoutée"

Sur votre mood board, je trouve…

Des silhouettes de femmes très élégantes, chapeautées, dans les années 1930/1940... Des vêtements de la Marine marchande, des uniformes d'hôtesses de l’air, de pilotes...  Je m'inspire, à l'envie, de Marlene Dietrich, de l’histoire du corset et des dessous, et de ces grandes capes médiévales qui couvraient la silhouette. Il y a aussi un tablier de cuisine sur mon mood board. 

Vos créations sont 100% made in Paris. Est-ce une forme de manifeste ?

S'il est difficile à développer, le made in Paris est une vraie valeur ajoutée. Je travaille en partenariat étroit avec mes fabricants, pour pouvoir rebondir rapidement. Je développe également le sur-mesure. Cette proximité me permet d’adapter mes créations à tout type de morphologie. 

Vos projets pour les jours, mois, années à venir ?

Je cherche un lieu où installer à la fois un showroom et une boutique. Mon idée est d'avoir une "maison" où accueillir tous mes clients et proches. Et puis je continue à créer des histoires. Une amie chanteuse a composé un titre sur ma collection été 2018, en me demandant les mots qui m’avaient inspirée. J'ai ainsi pu renouer avec la chanson. 

www.carolinaritzler.com

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