Femmes

On a pris un petit déjeuner avec Jennifer Lawrence

by Juliette Michaud
30.03.2018
Rencontre, à Los Angeles, avec Jennifer Lawrence, l’actrice la mieux payée du monde, égérie Dior, symbole du néo-féminisme hollywoodien et, dans le thriller “Red Sparrow”, ballerine et espionne russe très sulfureuse.

Comment une superstar de 27 ans aussi bouillonnante que vous démarre-t-elle sa journée ?

Jennifer Lawrence : Mes matins sont plutôt le résultat ou la poursuite de mes nuits. Si j’ai paressé toute la soirée sur le canapé à regarder de la junk TV en avalant une pizza, je peux en finir les restes pour le petit déjeuner. Si je dois m’entraîner physiquement pour un rôle en adoptant un mental différent – euphémisme – du mien, je deviens ultra-disciplinée, et les directives d’un coach incluent rarement croissants et café crème ! (Rires.) 

Et lorsque vous ne travaillez pas ? 

Dans ce cas, le matin est le moment où je lis, surtout les infos du jour, je m’informe. Mais il arrive aussi que je passe une heure à semer des cacahuètes dans le jardin pour les écureuils, ce qui attire surtout des coyotes – n’oublions pas que nous sommes à Los Angeles –, ça rend ensuite la balade avec mon chien Pippy risquée, et je dois ramasser toutes les cacahuètes une à une… Ma vie est compliquée ! 

On vous voit nue dans Red Sparrow, un film très violent. Aviez-vous besoin de casser votre image d’idole des adolescents ? 

Le film va mettre des gens mal à l’aise, c’est certain ; j’ai eu besoin, avec ce rôle, de sortir de ma zone de confort, mais je ne le regrette pas. Pour que cette adaptation du livre de Jason Matthews, qui était un vrai espion, sorte du lot et soit réaliste, il fallait que l’on pousse le bouchon loin. J’étais très nerveuse à l’idée de me dévêtir devant tout le monde, mais le fait que derrière la caméra se trouve Francis Lawrence, avec qui j’ai fait trois Hunger Games, et une bonne partie de l’équipe de ses films, a tout rendu facile. Je suis ressortie de ces scènes avec le sentiment d’avoir enfin prise sur ma propre vie. 

Dans le film, vous êtes formée par Charlotte Rampling…

Charlotte Rampling est une légende, elle est incroyable. Je suis arrivée sur le plateau morte de trac et elle était totalement normale, juste une actrice qui va au boulot. J’adore ça. Et puis elle a commencé à parler avec un accent russe absolument parfait, et moi qui avais bossé le mien pendant des semaines, je n’avais plus qu’à changer de métier. 

Vous avez un grand rôle dans la lutte pour l’égalité des salaires à Hollywood et dans la création du mouvement Time’s Up…

Tim’s Up a un fonds qui permet d’aider les victimes de harcèlement sexuel, il existe maintenant une hot line que tout le monde peut appeler, et, surtout, il n’est plus de bon ton de rabaisser les femmes. Il y a tant de choses tragiques dans le monde que j’aimerais voir changer, comme la corruption…

Dior, pour vous, c’est…

Toujours un rêve pour une gamine du Kentucky ! Faire les campagnes de Dior, image absolue de l’élégance, est l’ultime honneur, un privilège qui me donne envie de bien faire, tout en me confortant dans l’idée de rester authentique. 

 

“Red Sparrow”, de Francis Lawrence, avec Jennifer Lawrence, Charlotte Rampling, Joel Edgerton, Matthias Schoenaerts, Jeremy Irons… Sortie le 4 avril. 

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