Femmes

Lou Doillon : "quand je me sens femme, je m'habille comme un homme"

by Mexico
27.03.2017
Icône parisienne par excellence, Lou Doillon ne s'est jamais contentée du statut de "fille de". Hyperactive mais surtout passionnée par la musique à laquelle elle se consacre, Lou partage sa vie entre ses tournées et les projets artistiques qui lui tiennent à cœur. Rencontre.

Un dimanche pluvieux à Paris. Lou arrive à l'heure au studio situé près du canal Saint-Martin. Elle porte un chapeau, une chemise d'homme comme sa mère, un jean brut et des bottes Carvil. A son bras, un Birkin.

Vous chantez, vous écrivez, vous composez, vous dessinez, vous posez. Quelle est votre activité préférée, dans tout ça ? 

Je crois que c'est un peu tout, mais ça dépend des pèriode.  En trois ans, j'ai écrit, composé et enregistré un album, puis je suis partie en tournée. Puis tout s'est arrêter. Il n'y a plus qu'à recommencer. 

 

Aimez-vous les tournées ?

J'adore. C'est étrange, parce que les gens  veulent aujourd'hui faire un minimum d'effort pour un maximum d'impact. Le live, c'est l'opposé. On donne tout ce qu'on a pour un moment éphémère. C'est pour ça que j'aime autant les tournées. 

 

Vous vous décrivez comme nostalgique. Est-ce pour vous quelque chose de positif ou négatif ?

C'est compliqué, car c'est un sentiment de  tristesse, presque de regrets. Je ne sais jamais si c'est le mot juste pour me décrire, car je préfère fantasmer les époques passées plutôt que de pleurer sur ce que je n'ai pas vécu. 

 

Comment décririez-vous votre syle ?

J'essaie de l'équilibrer selon mon humeur. Quand je me sens d'humeur masculine, je porte quelque chose de féminin. Si je me sens féminine, je porte des vêtements d'hommes. J'essaye constamment d'avoir des références à ce que j'aime. Par exemple, hier je l'ai acheté les bottes parce que Bob Dylan les portait dans les années 70. Je pense que la mode est un véritable langage universel. Elle forme des tribus d'un pays à l'autre.

 

Qu'est-ce qui vous motive ?

Les gens inspirés, en général.  Parce que si vous regardez bien, la vraie beauté est partout, mais il faut la voir avec des yeux toujours différents. Les gens qui ont ce regard permettent de ne jamais s'ennuyer.

A quoi rêviez-vous quand vous étiez enfant ?

J'ai toujours eu beaucoup d'admiration pour les hommes de la famille : Serge, mon père Jacques Doillon ou mon oncle, qui était écrivain. Ils vivaient isolés. Les femmes, elles,  ont dû faire face au monde. Je rêvait de devenir comme eux. 

 

Qu'est-ce que cela signifie d'être une femme aujourd'hui ?

C'est le moment le plus excitant pour être une femme. Notre condition n'avait jamais changé depuis des milliers d'années et tout à coup, tout a changé en 60 ans. 

 

Qui vous a appris la féminité ?

La guerre entre ma grand-mère et ma mère. Ma grand-mère portait des robes, du rouge à lèvres, des perles, des bijoux et des parfums très forts. Ma mère, c'est l'opposé. J'ai appris à porter des jeans comme ma mère, et des bijoux comme ma grand-mère. 

 

Quelle est votre idée du bonheur?

C'est un moment, très rare, où tout devient simple. 

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