Fashion Week

Balmain a ouvert la Fashion Week haute couture avec un défilé sur la Seine

Le directeur artistique de la maison Balmain, Olivier Rousteing, a décidé de créer un événement digital la veille du coup d'envoi de la Fashion Week haute couture. Décryptage.
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Soixante-quinze ans de la maison Balmain et un défilé qui deviendra légendaire. Les ingrédients spéciaux ? La Tour Eiffel, la Seine et un bateau couvert de plateformes réfléchissantes effet miroir. Le nouveau podium était en fait mobile et les mannequins, douze pour être exact, posaient tels des statues vivantes sur des piédestaux en miroir. Quant au show commémoratif, il comptait des pièces d'archives de Pierre Balmain et ses successeurs comme Oscar de La Renta et Erik Mortensen, mais aussi les créations couture confectionnées par Olivier Rousteing lui-même. Un événement historique, marqué également par la performance musicale en direct d'Yseult.
 

 

Les concerts live font partie de l'âme du nouveau parcours Balmain. Sous la direction de Rousteing, il a toujours existé des spectacles de danse et des mini concerts en direct au fil des ans. L'éclectique Olivier, après une séance photo pré-show dirigée par ses soins, a également invité un groupe de danseurs, dirigé par le chorégraphe Jean-Charles Jousni, ancien chorégraphe de son dernier défilé masculin, à se produire dans une performance live le long de la rivière.
 

 

Pendant le confinement, le designer a commencé à établir des parallèles entre l'histoire de Balmain et les expériences entourant la pandémie. Pierre Balmain a fondé sa maison de couture en 1945 au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Sa silhouette "Jolie Madame" est devenue un symbole d'espoir et de restauration aux côtés du " New Look" de Christian Dior et restera dans l'histoire de la mode comme un moment d'optimisme, incarnant l'esprit combatif de l'industrie de la haute couture. "Nous ne traversons pas une guerre", a reconnu Rousteing, "mais nous traversons une pandémie. La mode est dans un moment difficile. Je ne pense pas que la réponse est de ne rien faire, en réalité, la mode essaie de respecter le monde dans lequel nous vivons et donne un peu d'espoir".

Monsieur Balmain a toujours habillé les femmes non conventionnelles, tout comme Olivier Rousteing. La première robe que Pierre a vendu, était à la princesse Ghislaine de Polignac, suivie par la duchesse de Kent, la duchesse de Windsor, la comtesse Charles Emmanuel de la Rochefoucauld, et la reine Sirikit de Thaïlande, qui ont été rejoints par les bourgeois les plus riches, les artistes et des divas excentriques, Josephine Baker et Marlene Dietrich en tête de liste. Il a habillé Katherine Hepburn dans la pièce The Millionairess dans laquelle l'actrice avait le rôle de la femme la plus élégante du monde. Il créa la première robe noire très moulante et sexy pour Juliette Gréco, une robe qui deviendra l'uniforme des existentialistes. Plus tard, au milieu des années 1950, même Brigitte Bardot, pourtant opposée à la mode, se tourna vers lui alors qu'elle devait se rendre à Londres pour être présentée à la reine Elizabeth. Une rencontre entre la royauté, la bourgeoisie et la culture pop, un mélange que Rousteig a gardé vivant durant sa direction artistique, habillant des femmes du calibre de Michelle Obama mais aussi des icônes contemporaines comme Beyoncé ou Kim Kardashian. Après trois mois de confinement à Paris, ce spectacle a été pour le créateur un hymne à la féminité sous toutes ses formes, à la joie et à un retour à la vie, dans le respect des distances sociales, bien sûr.

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