Design

Un temple pour le bureau

Le New Chersterfield de Baranowitz et Cronenberg pour Lensvelt s’inscrit dans la continuité facétieuse de l’entreprise néerlandaise.
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C’est raide et drôle à la fois, cultivé et efficace - on sent la tentative de sortir du troupeau, ne pas faire comme les autres au risque de l’absurde ou du ridicule. L’effort pour ne pas trop en faire en même temps, parce que l’excès risquerait de fatiguer le regard et que le contexte de l’entreprise reste celui d’une étrange rigueur. Difficile encore de savoir si la mesure est tout à fait juste. Les références pourraient être issues d’un design des années 80, celui du Consumer’s Rest de Stiletto à Berlin, ou Caddie doré de Sylvie Fleury, fantaisie néo-classique d’une post-modernité encore toute fraiche. Ca semble marcher. Et on pourrait même avoir envie de faire confiance à Lensvelt (c’est bien ce à quoi sert la marque, après tout) au vu de ce que l’entreprise est parvenue à accomplir avec une étrange régularité ces dernières années. Son équipe néerlandaise compose un commando terrible, entre un wunderkind devenu figure classique (Maarten Baas) et un provo vieillissant dont les ressources d’astuce semblent encore intarissables (Joep van Lieshout) en dépit d’un cynisme certain. Froid et chaud, sincère et calculateur, discipliné et débauché, toujours enthousiaste - Lensvelt est un acteur décidément curieux, apte à se déplacer dans les terrains mouvants de la maison et du bureau, comme sur ces sentiers tordus qui les réunissent ou les séparent : espaces publics ou cafés, restaurants, hôtels et salles de conférences internationales.

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