Beauté

Leslie Winer : "Le parfum peut être aussi évocateur que la musique"

Mannequin au physique de garçonne et à la personnalité hors du commun, la poète et musicienne américaine Leslie Winer est une des égéries du dernier parfum de Gucci, Mémoire d’une Odeur. Elle nous raconte son joyeux et singulier parcours.
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Avez-vous une relation particulière avec le parfum?
Leslie Winer : J’aime le parfum comme on peut aimer la musique, il tisse un lien avec la mémoire. Mais je ne vais pas vous rabâcher l’histoire proustienne de la madeleine !

Quels sont vos souvenirs olfactifs ?
J’ai des souvenirs très précis d’odeurs associées à ma grand- mère, notamment les fourrures qu’elle avait dans sa garde-robe. Plus tard, l’odeur des cheveux de mes filles. Le parfum peut être aussi évocateur que la musique.

Peut-on associer des odeurs à des villes, des paysages ?
Bien sûr. Il y a des odeurs que l’on associe immédiatement à des lieux, et cela demeure.

Que pensez-vous de cette collaboration avec Gucci ?
C’était vraiment bien. J’avais un peu peur, mais je voulais travailler avec Alessandro Michele. Et j’aime l’idée de travailler sur le temps, le passé. On s’est vraiment amusé. Nous avons évolué dans différents endroits, dans un château, à la campagne; c’était comme des vacances. Il y a eu de bonnes vibrations. Le parfum est le reflet de tout cela, il a quelque chose d’universel.

Le nom du parfum est en français...
Oui je sais. C’est un peu drôle pour moi que le nom soit en français. C’est incroyable, ce mot... “mémoire”.

Qu’y a-t-il de plus important pour vous dans la vie?
Mes filles, je sais que c’est un peu cliché, mais c’est ainsi. Et mes amis aussi.


Vous continuez à écrire des poèmes ?
Je continue à écrire, à m’intéresser à la musique.

Vous avez parcouru le monde, où vivez-vous aujourd’hui?
En France, dans la maison natale de mon mari à la campagne, dans le Vexin.

Comment vous parfumiez-vous avant ?
Avec des senteurs hippie de musc. Avec ce nouveau parfum, ce que j’aime, c’est le jasmin, le côté minéral et les notes boisées en fond. Je l’aime, il remplacera mon huile de musc.

Vous avez rencontré des personnes incroyables, comme l’écrivain William Burroughs.
Que de bons souvenirs! Je construisais des avions avec William, on mangeait des myrtilles avec de la crème et il me lisait le New York Times en disant (elle imite l’extraordinaire voix de Burroughs) : “All the news that fit a shit”. C’était vraiment quelqu’un de très gentil et pas du tout misogyne comme on a pu le dire.

Et l’artiste Leigh Bowery ?
Leigh, great guy! Ses looks extraordinaires, mais un personnage extrême. Alessandro l’a cité comme une de ses influences.

Que pensez-vous de la mode Gucci ?
Il y a un côté costume que j’aime, et il y a aussi des pièces plus sobres. Alessandro donne de la liberté aux gens, ils peuvent s’en inspirer.

Lorsque vous étiez mannequin, vous aviez un look androgyne, était-ce voulu ?
Parfois je me rasais ou je laissais pousser mes cheveux, j’étais amie avec Julien d’Ys alors ça allait. Je n’ai jamais cherché à être “androgyne”, j’étais comme j’étais.

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