Voyages

La saison est ouverte à Miami

by Eugénie Adda
29.05.2017
Tombée trop longtemps en désuétude, la capitale du Art Basel attire à nouveau les cool kids du monde entier. Dernier spot en date, l’imposant Four Seasons Hotel at the Surf Club, installé sur le front de mer, dans le club privé légendaire qu’il ressuscite. Visite guidée, un mois à peine après l’ouverture.

Il y a de tout à Miami, la nostalgie soft pimp de l’ère Will Smith, l’exotisme accessibles des everglades, le rose pâle des buildings du Art Deco district, les kilomètres de plage bordés par une skyline d’hôtels. Il y a des malls rutilants, des filles en rollers sur le strip et la relève du Art Basel, de méchants hôtels en hommage à Marilyn à la désuétude délicieuse et des concept-stores avertis qui inspirent les acheteurs du monde entiers. Mais surtout, surtout, il y a le Surf Club at Surfside, bulle d’exclusivité ouverte au réveillon 1930 par le magnat Harvey Firestone pour contrer la Prohibition à grandes lampées de rhum, dont la légende veut qu’il arrivât directement par bateau depuis Cuba. C’est ici précisément, là où Liberace, Frank Sinatra et Elizabeth Taylor trinquaient avec Winston Churchill et la duchesse de Windsor, que vient de s’établir le nouveau fleuron du géant Four Seasons. 

Meier, Dirand et Hopper

Et si le bâtiment d’origine édifié par Russell T. Pancoast conserve sa fonction première de salle de réception, il a vu grandir derrière lui trois colosses modernistes signés par le prix Pritzker Richard Meier, où l’acier blanc et le verre disparaissent presque sous les rayons si particuliers du soleil de Floride. On est loin du resort ici, mais proche du boutique contemporain aux références bien senties. Rien d’étonnant quand on sait que la déco des espaces communs et des 77 chambres a été confiée au Parisien Joseph Dirand, qui imprègne ces pièces pourtant flambant neuves d’une impression de déjà vécu : les lignes radicales des unités mobilières sur-mesure s’accorde avec une palette de crème, de sable et de bois blanchi, les surfaces polies contrastent avec des murs texturés à la manière de condos tout droit sortis fifties, le laiton des luminaires réchauffe les chambres immaculées et les salles de bains entièrement marbrées… On ne serait pas surpris de voir s’asseoir sur le balcon, face à la mer et un rien désoeuvré, un personnage d’Edward Hopper.
 

Baies vitrées du sol au plafond, jeux de reflets et balustrades en verre, tout ici tend vers l’Atlantique. Et si les immensités turquoises semblant monter jusqu’à la suite Penthouse vous paraissent trop lointaines encore, direction un des 5 Cabana Sudios, appartements presque à fleur d’eau où vivre pieds nus entre le bois chauffé de la terrasse coloniale et la douceur lisse du sol terrazzo que rafraichissent les ventilateurs du plafond.

Grand splash

Miami Beach oblige, l’eau ici ne doit jamais manquer. Le tout nouveau Four Seasons s’entoure de trois piscines rectangulaires comme sorties d’un cliché d’Aarons, alignées face à la plage et bordées de sunbeds minimalistes, d’un poolbar et du fameux « Cabana row », vestige de l’ancien club privé où les A-listers avaient leurs habitudes et où Churchill peignait face à la mer. Raison de plus pour réserver un des nouveaux pied-à-terre qui s’y trouvent désormais, ou, à défaut, une des cabines climatisées avec salle de bain, pour se changer sans passer par sa chambre. De l’autre côté, une nouvelle plage privée avec une foule d’activités nautiques responsables et non-motorisées, une armée de grooms à l’affût des caprices et bientôt un kids club mieux décoré que chez vous. 
 

Et le spa ? Il vaut à lui seul de traverser l’Altantique : 1400m2 de marbre d’un blanc pur répartis en six cabines de soin complétées par deux cabanas privées entièrement vitrées, où profiter des rituels beauté signés Biologique Recherche, Elemental Herbology et Susanne Kaufmann,  mais aussi de séances d’acupuncture, aromatherapie et massages neuro-musculaires. Mêmes les aménagements souvent sans charme comme le sauna, le hammam ou l’habituellement crispant « coin repos »  se trouvent magnifiés ici par la patte néo-classique du grand Dirand. Pour les grands sportifs, une salle de fitness dernier cri et un coin de pelouse en plein-air dédié aux cours de Yoga. 

Passage à table

C’est dans le Surf Club d’origine, bâtiment de style late 20’s où la lumière filtre partout par les baies vitrées cintrées en enfilade, que se loge le Sirenuse, baptisé d’après le cultissime hôtel de Positano. Relecture art déco de l’esprit amalfitain, l’endroit réunit palmiers d’intérieur, suspensions, marbre vert et grandes nappes blanches. De quoi ne pas dépayser le gotha new-yorkais de passage en Floride. Aux fourneaux, rien de dépaysant non plus. On fait confiance à  Antonio Mermolia, jeune calabrais passé lui aussi par la Big Apple, qui signe ici une carte de bons classiques du sud de la botte, revus à la sauce East Coast : Parmigiana tradi, Tagliata de Wagyu, homard Caponata ou encore baba napolitain s’enchainent sous l’impulsion d’un service en livrée, à l’affabilité très Four Seasons. 

 

Pour trinquer face à la vue, on se perche sur l’un des tabourets du bar à Champagne, zinc intimiste et rectangulaire conçu par Dirand, où une brigade de bartenders s’active pour préparer des cocktails baptisés aux noms des figures du Surf Club : Winston Churchill au Dom Perignon, Frank Sinatra au Roederer Cristal Brut ou encore Liz Taylor au Ruinart Blanc de Blanc. Un hommage de bon goût à ceux dont les fêtes légendaires semblent encore hanter les lieux. 

9011 Collins Ave, Surfside, Florida, 33154
+1 305-381-3333
www.fourseasons.com

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