Shopping

Nicholas Kirkwood : « la personnalisation, c’est l’avenir de la mode » 

by Karen Rouach
15.05.2017
Rencontre à Londres avec le créateur de souliers, à l’occasion de la réouverture de sa boutique mais aussi du lancement de son service sur-mesure. 

À travers « Beya Bespoke », vous donnez désormais la possibilité à vos clientes de personnaliser votre modèle iconique de mule ou loafer. Est-ce parce que vous avez réalisé qu’il était important pour elles de porter quelque chose d’unique ? 

Absolument. Je vois même la personnalisation comme l’avenir de la mode. L'unicité est essentiel pour une femme. Ici, de l’empeigne au talon, chaque élément peut être choisi. On peut même apposer ses initiales. Sur le site internet dédié, une modélisation en 3D permet de visualiser et modifier son modèle, avant d’être envoyé en Italie pour fabrication puis expédition sous 6 semaines. 

Pensez-vous que 2017 sonne la fin de l’escarpin classique ? 

Non, je pense qu’il n’a pas de fin, seulement qu’il évolue. Il semble très différent à chaque décennie, mais en fait il reste le même, c’est surtout le taille du talon qui change. 

Quel est votre premier souvenir de mode étant enfant ?

Je devais avoir 3 ou 4 ans, à l’époque mes parents vivaient à Londres. Ma mère avait l’habitude d’aller chez Peter Jones, une sorte de mercerie sur King’s Road. Avec mon père, on l’attendait dans la voiture, et je regardais les punks et les rockeurs passer, avec des vestes en cuir taggués à l’aérosol. C’est la première fois que je voyais des gens aussi différents, et je suis restée obsédé par cette image. 

Quand avez-vous su que vous vouliez créer des chaussures ? 

Je pense que c’est au début des années 2000, au moment où je travaillais dans une boutique de chapeaux.  Je sortais de la Central Saint Martins School mais je ne savais pas encore exactement ce que j’allais faire. Je regardais les vêtements et accessoires de ces femmes très chic qui entraient dans le magasin, et beaucoup portaient des Manolo Blahnik. Je voyais à l’oeil nu que c’était un très bel objet. Quand je l’ai eu en main, j’ai été attiré par sa qualité et son côté architectural. Et là j’ai su que je voulais aussi dessiner des souliers. 

Vos modèles sont très vite en rupture de stock. Comment pourriez-vous expliquer le succès de votre marque ? 

Je pense que j’essaye de lui donner un sens. Sur chaque paire il y a une découverte à faire, un talon bijou, un détail graphique, une combinaison de couleurs, ou de matériaux innatendue. Et surtout, il y a de la féminité, c’est le plus important pour moi. 

Quel est le meilleur conseil qu’on vous ait donné dans votre vie ?

Juste de croire en soi et en son intuition. C’est très difficile parfois, quand vous avez beaucoup de gens autour de vous qui ont plein de points de vue et conseils différents, ce qui vous fait finalement vous questionner vous-même. Il faut s’écouter soi-même. 

Que ressentez-vous quand vous voyez une femme porter vos chaussures ?

C’est drôle parce que quand j’ai commencé à créer il y a 10 ans, je me demandais justement quelle réaction j’aurais en voyant pour la première fois une femme marcher avec un de mes modèles. Je me suis toujours dis que ce moment arriverait quand je serais en terrasse de café, à regarder les passantes. Et quand c’est enfin arrivé, à une fête, j’ai eu cette réaction bizarre : « elles doivent forcément travailler pour le bureau de presse qui me représente! », comme si je n’arrivais pas à réaliser. Aujourd’hui, quand je vois une femme en Nicholas Kirkwood, je deviens très curieux, j’essaye surtout de savoir qui est cette femme. Mais je ne vais pas aller la voir genre : « hey, alors, vous êtes bien dans vos chaussures ? ». 

Qu’est ce qui fait de vous un vrai britannique ? 

Le fait que je doive boire à peu près 7 tasses de thé par jour pour survivre. 

 

Disponible dans la boutique de Mount Street et sur https://beyabespoke.nicholaskirkwood.com

 

Partager l’article

Articles associés

Recommandé pour vous