Pop Culture

Videoclub : "On ne renie pas du tout notre génération"

Fort d'un premier titre, "Amour plastique", vu 14 millions de fois, ce couple surdoué de l'électro projette la pop ingénue des eighties à l'ère millennial.
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Photographie : Ronald Bellugeon 

Votre premier souvenir musical commun ?

Adèle : "The Less I Know The Better" de Tame Impala, "Bouche à lèvres" de Odezenne... Et puis, ensuite, on a écouté beaucoup de Superbus tous les deux.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique ensemble ?

Matthieu : Avant de rencontrer Adèle, je faisais déjà beaucoup de musique, du synthé', de la batterie, de la guitare basse...mais je ne posais jamais de mots dessus. Ce qu'il manquait à ça, c'était évidemment une voix, quelque chose de solide et de concret. 

Adèle : Quand on s'est rencontrés, tu avais un style de musique particulier, très acoustique... La "patte" Videoclub, avec son côté années 1980 assumé, plus pop, est née de nos discussions.  

Vous parlez de sonorités années 1980/90... La musique 3.0 vous parle moins ?

Matthieu : C'est générationnel : mon père aussi, dans les années 1980, il regrettait les années 1960...

Adèle : Et puis, même si notre musique rappelle les années 1980, elle est moderne dans les paroles, dans la façon de chanter...

Mathieu : Finalement, je trouve ça assez actuel comme façon de travailler, de faire de la musique.

Pourquoi ce nom de baptême, "Videoclub" ?

Adèle : Je me souviens, on était à une soirée, il était 3 heures du matin et Mathieu a dit : 'Si on fait un groupe de musique, ça s'appellera Videoclub.' On n'en a jamais re-discuté : Videoclub, c'est un beau mot, sexy, pop, vintage ; ça renvoie, aussi, au cinéma...

Ce côté "cinéma", justement, vous le cultivez dans vos clips... 

Adèle : J'ai moi-même fait du cinéma avant la musique et ça m'a toujours passionnée. Avec Matthieu, on regarde beaucoup de films ensemble. L'image nous inspire, que ce soit l'esthétique cinématographique des années 1980 mais aussi celle d'aujourd'hui. On a envie à la fois de faire de la musique et d'accompagner cette musique d'une image. 

Quels films, en particulier ?

Matthieu : "Basketball Diaries" de Scott Kalvert, mais aussi "Les Garçons sauvages" de Bertrand Mandico, filmé à la pellicule. 

Adèle : Les longs-métrages de Jacques Demy. Avec Julie, la soeur de Matthieu qui a réalisé notre clip, on joue de ce côté simple dans les émotions, "pur". Les couleurs très pastels, le grain... tout est "léché" chez Jacques Demy. 

On parle de vous comme "LE" groupe millennial... Ça vous agace, ça vous flatte ?

Adèle : Même si on s'inspire des années 1980, on ne renie pas du tout notre génération et notre époque. Personnellement, je suis très bien dans mon temps.

À ce propos, si vous pouviez voyager dans le temps, vous choisiriez...

Matthieu : 1975. La musique que j'aime vraiment et tout ce qui m'a inspiré jusqu'ici, les auteurs, les poètes... date des années 1970.

Adèle : J'irais faire un petit tour au Moyen-Âge. Mais seulement si j'ai un billet de retour ! Capter l'ambiance, voir les châteaux, les costumes... 

Et si vous pouviez vous réincarner en quelque chose, ça serait ?

Matthieu : Un studio avec des beaux tapis, du bon matériel, des enregistreurs à bandes...

Adèle : Je me mettrais dans la peau de Cléopâtre. Pour visiter les Pyramides !

VIDEOCLUB – En nuit (Clip officiel)
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