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Pourquoi il faut aller voir MidsoMMar, film d'horreur d'un nouveau genre

Détournant le genre avec virtuosité, Ari Aster révolutionne une fois encore le film d’horreur avec son deuxième long-métrage “Midsommar” : la balade ensoleillée en Suède d’une fille au cœur brisé qui vire au cauchemar sous psychotropes.
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“Un Magicien d’Oz pour pervers”, c’est ainsi qu’Ari Aster, réalisateur new-yorkais de 32 ans, résume son film, très attendu après le succès public et critique de Hérédité l’année dernière. Chef de file avec son compatriote Jordan Peele (Us, Get Out) de l’elevated horror,qu’on pourrait traduire par “film d’horreur de luxe”, Aster suit donc les traces des auteurs les plus brillants du genre horrifique, de Stanley Kubrick (Shining) à Roman Polanski (Rosemary’s Baby).

Décors d’une beauté impeccable, interprétation de haut vol, scénario implacable et obsessionnel (chez Aster le deuil tient une place centrale), musique entêtante, humour décalé et réalisation d’esthète : rien ne manque à Midsommar. Au centre du film, le personnage de Dani, joué à fleur de nerfs par l’incroyable Florence Pugh, une étudiante américaine dont le petit ami Christian est en train de s’éloigner inexorablement au moment où une tragédie familiale la frappe de plein fouet. Christian projette avec d’autres amis thésards d’aller étudier les rituels païens d’une petite communauté en Suède, rituels qui n’ont lieu que tous les 90 ans, et Dani en pleine déprime se greffe malgré eux au voyage.

Le cinéaste commence donc par tordre un des premiers préceptes du genre en choisissant de dérouler son intrigue non pas dans une nuit menaçante mais sous le soleil pastel permanent de juin : celui des fêtes traditionnelles à l’ambiance de mariage aseptisé du solstice d’été suédois avec couronnes de fleurs, blouses brodées, danses folkloriques, jolies maisonnettes et festins bucoliques. Aster rend ainsi hommage au classique film d’épouvante The Wicker Mande Robin Hardy (1973), avec Christopher Lee en gourou qui orchestre le culte cruel d’une secte sur une petite île.

Le soleil n’empêche pas l’horreur. Enivrée de drogues psychédéliques, Dani, poussée à bout émotionnellement et séduite par le hårga, la religion païenne (imaginaire) des locaux aussi souriants qu’inquiétants, finit par participer à des cérémonies perturbantes et violentes jusqu’à un climax hallucinatoire. Les premières projections du film ont déstabilisé et ravi plus d’un critique aux États-Unis, notamment parce qu’Ari Aster, qui a écrit ce film pour digérer une rupture difficile, a mis la relation amoureuse déliquescente de Dani et Christian et le chagrin au cœur de son film d’horreur. Le couronnement de cette “reine de la fête” enragée est aussi au bout du compte celui de son créateur, avec ce coup de maître aussi séduisant que terrifiant.

 

“MidsoMMar”, d’Ari Aster avec Florence Pugh, Jack reynor, Will Poulter... sortie le 31 Juillet.

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