Art

Le nouveau must de L.A. Marciano Art Foundation

by Yamina Benaï
11.07.2017
Inaugurée en mai dernier, la Marciano Art Foundation (structure créée en 2013) étoffe Los Angeles d’un nouveau lieu dédié à l’art contemporain. Issues de la collection personnelle de Paul et Maurice Marciano (co-fondateurs de la griffe Guess), les œuvres de l’exposition inaugurale convoquent de multiples médiums, en un éclectisme “très positif”, à l’image de la collection. Paul Marciano répond à L’Officiel Art.

L’OFFICIEL ART : Vous êtes un grand entrepreneur de la mode, quelle est l’origine de votre désir de collection d’art débutée il y a une trentaine d’années, et qui compte aujourd’hui plus de 1 500 œuvres de 200 artistes ?
PAUL MARCIANO : Nous avons véritablement commencé à collectionner des œuvres d’art à partir des années 1984. A cette époque, nous avions développé un intérêt tout particulier pour les post-impressionnistes francais, parmi eux : Gustave Loiseau, Henri Le Sidaner, Henri Martin... Puis, à l’aube des années 1990, nous avons totalement réorienté la teneur de la collection, à l’occasion de notre rencontre avec l’expert d’art contemporain parisien, Pierre Cornette de Saint-Cyr. Il nous a ouvert les portes d’un univers avec lequel nous étions peu familiarisés, peuplé d’artistes extraordinaires tels qu’Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat, dont nous avons acquis de nombreuses pièces auprès de galeristes parisiens.

 

Quelles sont les grandes lignes de cette collection et quel a été, au fil des années, votre modus operandi dans sa constitution ?
Au cours des années nous avons conservé la même approche et avons toujours fait des acquisitions suivant ce qui éveillait en nous une réelle émotion. La créativité et la force d’expression de l’artiste étant, à nos yeux, un paramètre essentiel. Les résonances intimes de chaque œuvre ont été notre critère de choix. Au fil des décennies, nous avons ainsi rassemblé des œuvres d’Albert Oehlen, Allora & Calzadilla, de Cyprien Gaillard, Christian Marclay, Catherine Opie, Dan Colen, Christopher Wool, Goshka Macuga...

 

Entretenez-vous des relations avec certains artistes dont vous avez acquis des œuvres ? Faites-vous partie de ces collectionneurs qui écument les ateliers ou, au contraire, préférez-vous privilégier le lien au galeriste ?
Nous avons noué des liens avec de nombreux artistes établis en Californie. Il a été particulièrement intéressant pour nous d’observer leur évolution au fil du temps. Ce sont aujourd’hui de très grands noms tels que Mark Grotjahn, Sterling Ruby, ou encore Ed Ruscha que nous connaissons depuis une trentaine d’années.

 

Votre Fondation vient d’ouvrir ses portes à Los Angeles, quelle identité souhaitez-vous lui octroyer à moyen terme : type d’expositions, périodicité, interactions avec les publics... ?
La rotation de monstration des collections et des nouveaux artistes sera établie selon un rythme semestriel. Nous avons opté pour la présentation des artistes émergents au deuxième niveau de l’édifice, et celle des artistes établis au premier etage.

 

Vous vous êtes installés aux Etats-Unis en 1981, en provenance du Sud de la France, comment, selon vous, votre patrimoine culturel et identitaire français infuse-t-il dans votre approche de collectionneur et dans la conception de votre Fondation ?
Nous n’avons pas de préférence quant au pays d’origine des artistes dont nous collectionnons les œuvres. Nous maintenons un intérêt panoramique sur la création. En revanche, à titre personnel j’ai toujours beaucoup aimé le sculpteur César, originaire de notre ville, Marseille.

 

Dans l’environnement de votre Fondation se trouvent le Broad et le Hammer museum, comment votre établissement s’inscrit-il dans l’écosystème des lieux d’art contemporain de Los Angeles ?
Nous n’avons, bien évidemment, aucune prétention d’entrer en compétition, d’une manière ou d’une autre, avec le Broad, le Moca ou le Lacma... Nous souhaitons proposer un lieu où s’expriment de nouveux talents. Pour que les peintres, sculpteurs, plasticiens... trouvent ici un espace apte à présenter leur travail, afin qu’il puisse être porté à l’attention des visiteurs de Californie et du monde entier.

 

Comment avez-vous procédé aux choix d’œuvres de l’exposition inaugurale “Unpacking, The Marciano Collection”, placée sous le commissariat de Philipp Kaiser ?
C’était une tâche extrêmement ardue d’extraire de notre collection de plus de 1 500 œuvres, une centaine de pièces pour “Unpacking”. C’est la raison pour laquelle Maurice et moi avons convié Philipp Kaiser à organiser l’exposition inaugurale de la MAF. Kaiser a fait un travail remarquable de cohérence de choix pour ménager des dialogues très sensibles entre les œuvres. Ainsi, elles communiquent non seulement la profondeur esthétique de la collection, mais aussi son ampleur. Notre collection est volontairement éclectique, aussi, cela a été une mission délicate. Kaiser a organisé un cheminement très pertinent entre les œuvres d’artistes bien établis et celles d’artistes émergents. Il en résulte un parcours porté par une grâce et une élégance frappantes.
 

Marciano Art Foundation
Unpacking: The Marciano Collection”
du 25 mai au 24 décembre.

“Jim Shaw: The Wig Museum”
du 25 mai au 17 septembre.  
4357 Wilshire Boulevard, Los Angeles, CA 90010,
https://marcianoartfoundation.org/

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