7 questions à Nanna Van Blaaderen

15.07.2015
La gagnante et son modèle En ce 13 juillet 2015, le soleil est au beau fixe pour Nanna Van Blaaderen. La créatrice hollandaise, réputée pour son art de la laine aérien et novateur, vient ainsi de remporter la finale européenne du Woolmark Prize 2015/16, organisée au célèbre MoMu d'Anvers. Tout juste remise de ses émotions, la jeune femme nous reçoit dans le décorum épuré du musée. Rencontre avec une artiste de la douceur, qui érige la maille en attribut de la modernité.  Propos recueillis par Mathilde Berthier   Quels sont vos sentiments après cette victoire ? Je me sens vraiment apaisée et heureuse. Le Woolmark Prize est une vitrine hors du commun pour les jeunes créateurs, et c'est un réel honneur que de pouvoir y participer. Vous avez présenté au jury un modèle entièrement achevé, ainsi qu'une série de croquis. Pouvez-vous nous éclairer sur votre processus de création ? J'ai en fait créé une collection complète. Mon travail repose essentiellement sur la sensation, et j'ai eu besoin de donner forme à chacune de mes idées. Je ne dessine pas vraiment, je préfère réaliser le vêtement. J'ai donc présenté au jury des images shootées de ma capsule, comme une sorte de mood board. Vous suivez les traces d'Yves Saint Laurent et de Karl Lagerfeld, qui comptent parmi les vainqueurs historiques du Woolmark Prize. Que cela vous inspire-t-il ? C'est l'une des compétitions les plus convoitées par les jeunes créateurs. Cela a toujours été un objectif pour moi, d'autant plus que j'ai toujours aimé travailler la laine. L'une des particularités de ce prix est que l'on ne peut pas envoyer de candidature : en effet, chaque créateur doit attendre d'être nominé. J'ai donc l'impression de réaliser un rêve. D'autre part, cela tombe au moment où je suis vraiment prête. Après cinq années de recherche - pour le style ou la traçabilité des laines - mon label éponyme a désormais une vraie identité. 06 La laine a-t-elle toujours fait partie intégrante de votre travail ? Tout à fait. Quand on cherche sa "patte", le choix d'une matière de prédilection est presque nécessaire. Au fil de mes années d'apprentissage, la laine s'est imposée peu à peu comme une évidence pour moi. Ma collection de fin d'études était d'ailleurs entièrement faite en laine. La maille me fascine depuis mon enfance : je me souviens que ma grand-mère me tricotait de superbes pulls en laine ! Mes créations d'aujourd'hui résultent de l'envie de réinventer la laine, autant que de souvenirs passés. Comment travaillez-vous la laine ? Pour moi, la première étape est de sélectionner une matière première de qualité. Je veille à la traçabilité du produit avec lequel je travaille. Les moutons doivent être élevés dans de bonnes conditions : évoluer en plein air, être nourris sainement... Si ce n'est pas le cas, la laine sera de mauvaise facture. J'essaie de promouvoir l'économie locale en travaillant avec des fermes néerlandaises. Quand je me suis assurée de cela, je réfléchis à différentes manières d'explorer les potentialités de la laine : la légèreté, l'ergonomie, etc.. Le blanc est-il la seule couleur que vous utilisiez ? Effectivement, le blanc est ma teinte de prédilection. Je trouve que cette nuance fait particulièrement ressortir la qualité de la matière, les reliefs de la silhouette... Néanmoins, au moment de la commercialisation, je décline mes modèles en noir ou en bleu marine. Quels sont vos projets pour le futur ? Je prépare la sortie de ma prochaine collection, qui sera disponible en boutiques à partir d'octobre 2015. Je ne défile pas encore à Amsterdam : pour le moment, je préfère présenter mon travail à chaque acheteur ou à chaque journaliste qui me contacte. Je prends le temps de bien asseoir ma réputation aux Pays-Bas, en attendant de me tourner un peu plus vers l'Europe, puis vers le monde. 03  

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