Hot spot : le Byblos à Saint Tropez

21.07.2015
Mick Jagger - photo Claude DronsartMick Jagger s'y est marié, Louis de Funès y a fait sa demande en mariage, Michel Polnareff et Gilbert Beco s'y disputaient un piano, tandis que Daniel Angeli y faisait la fête jusqu'au petit matin, laissant derrière lui des centaines de photos d'anthologie. Le Byblos, hôtel mythique de St Tropez, se prépare à fêter ses 50 ans, et ne se lasse pas des petites anecdotes du passé qui ont fait son succès. État des lieux. Par Karen Rouach   Tout est parti d'un délire entre amis. D'une discussion sur le port de Byblos, au Liban, entre deux amis d'enfance : Jean Prosper Gay-Para et Sydney Bouhanna. Le premier fait part au second de son amour pour Brigitte Bardot, qu'il rêve de rencontrer. ‎Celui-ci lui suggère, à moitié sérieux, de lui offrir une sorte de Palais des 1000 et Une Nuits à St Tropez. Jean Prosper Gepara, businessman et jet-setteur, amateur d'art et de femmes, prend la blague de son ami au pied de la lettre. Il s'embarque alors dans la construction du Byblos, hôtel qu'il ne veut surtout pas appeler hôtel, en espérant bien sur rencontrer son idole. Après des années de travaux, le fameux palais ouvre ses portes en mai 1967, avec une boîte de nuit sous sa piscine, "Les Caves du Roy". Mauvais timing, la guerre des 6 jours éclate deux mois plus tard au Liban : Jean Prosper Gay-Para souhaite rester près de sa famille et ses affaires, et met alors le Byblos en vente. « Il a juste eu le temps de demander à Brigitte Bardot d'en être la marraine », raconte Christophe Chauvin, le directeur actuel de l'hôtel, qui s'est plongé dans les archives à son arrivée en 2009. « Il n'en a donc pas profité du tout, mais au moins, il est allé au bout de son rêve. » Archives Byblos Saint Tropez À l'époque, les gens ne connaissent pas St Tropez, personne ne veut de cet ovni construit sur un coup de tête. Jean Prosper Gay-Para désespère et finit par frapper sans conviction à la porte de l'homme d'affaires Sylvain Floirat (grand père du propriétaire actuel du Byblos). Celui ci le reçoit par courtoisie, car ils ont un ami commun, et lui fait une proposition tellement dérisoire qu'il n'imaginait pas une seule seconde hériter de l'hôtel. Jean Prosper Gay-Para accepte. La fête peut commencer. Luxueux mais pas guindé, le Byblos est dans les années 70/80 l'endroit où il faut être vu. Mick Jagger y épouse Bianca Perez en 1971, les acteurs des gendarmes de St Tropez y résident pendant les tournages, Louis de Funès y a fait sa demande en mariage par télégramme ("veux-tu m'épouser ? Si oui, rejoins moi au Byblos avec les enfants"!).‎ Gilbert Beco et Michel Polnareff, des habitués, s'y retrouvaient chaque été avec leurs amis. « Le matin, ils voulaient un piano pour chanter. Il n'y en avait qu'un seul alors ils se battaient pour l'avoir le piano, c'était à celui qui se levait le premier! » raconte Christophe Chauvin. Il se dit également que certains clients dévalaient en moto les escaliers qui menaient à la réception. « Ce serait un peu mal vu de faire ça aujourd'hui » reconnaît Christophe Chauvin. « Il y avait à l'époque un côté un peu débauche qui n'existe plus aujourd'hui, effectivement, mais c'est le temps qui veut ça.» Bord piscine À la grande époque également, tout le monde prenait l'apéritif dans la piscine, car le bar était juste au dessus. « Le barman, Aldo, avait monté un système de cannes à pêche, et envoyait les commandes aux clients comme ça », poursuit Christophe Chauvin. « Ensuite, il les plumait au Backgammon! » Ce fameux bar est aujourd'hui devenu une Suite, la "show off" : comme son nom l'indique, elle invite à la frime, bien que ce ne soit pas le genre de la maison.  « Beaucoup ont une image bling-bling et trop festive du Byblos, mais nous avons toujours accueilli des familles, avec beaucoup d'enfants. Nous avons même une tradition : on fait diner les enfants sur la terrasses pendant que les parents se préparent. » Comme un bon vin, le Byblos vieillit bien. À son arrivée à la direction de l'hôtel, Christophe Chauvin a un premier objectif : la 5è étoile. Il l'obtient très vite, suivie de l'appellation "Palace".  « C'est très important pour les équipes : certains employés travaillent ici depuis plus de 30 ans, ils en sont très fiers et ça les a récompense en quelques sortes. » Pour le Rivea, restaurant de l'hôtel, Floirat a précisément choisi Vincent Maillard et Alain Ducasse‎. Pas par hasard, mais justement comme une évidence. Cette collaboration est le résultat d'une longue histoire d'amitié entre Ducasse et la maison Floirat, qui a démarré ‎sur un évènement tragique. Dans les années 80, le chef avait été réquisitionné en tant que consultant pour l'ouverture du Byblos à Courchevel. Quelques jours avant l'ouverture, toute l'équipe de direction s'écrase en avion, alors en route pour la station de ski. Seul survivant : Alain Ducasse. D'où les liens très forts entre la famille Floirat et le célèbre chef. « On ne s'est même pas posés la question du chef », reconnait Christophe Chauvin. « Ducasse a les mêmes racines que nous, sa cuisine s'inspire de la Riviera, et c'est un vrai amoureux du produit ». Pour ses 50 ans, le Byblos prévoit bien sur une immense fête mais aussi des partenariats avec des marques de luxe. L'occasion de dire merci aux fidèles clients, certes avec des cernes sous les yeux mais surtout pleins d'inoubliables souvenirs. Byblos-Exterieur-8 Le Byblos, Saint Tropez. 20 Avenue Paul Signac, 83990 Saint-Tropez. 04 94 56 68 00. www.byblos.com