Joaillerie

Anatomie d'un succès : la bague Quatre de Boucheron

Ses combinaisons de matériaux et de textures en ont fait le premier “hit joaillier” du XXIe siècle. Ce succès mérité repose sur une allure contemporaine mais aussi sur un design évocateur qui raconte l’histoire du premier joaillier de la place Vendôme et l’esprit de la Ville lumière.
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Gros-grain

Lors de sa première présentation en 2004, la bague Quatre a vivement marqué les esprits. Quatre joncs réunis sans soudure, quatre ors différents
– jaune, rose, blanc et chocolat (grâce à un revêtement en PVD) –, quatre motifs singuliers : le double godron, le clou de Paris, le gros-grain et le serti miroir (parfois pavé de diamants). L’engouement pour ce métissage des textures est total. Le génie de la maison a consisté – tout en célébrant le savoir-faire de ses artisans sculpteur d’or – à enchâsser dans le métal précieux l’âme de son fondateur. Cette double lecture se manifeste puissamment avec le motif gros-grain qui rappelle en filigrane les origines de Frédéric Boucheron dont les parents étaient drapiers.

Clou de Paris

Ce guillochage spécifique est fort ancien puisqu’il est né au XVIesiècle. Il fait partie des décors les plus fréquemment utilisés dans la haute horlogerie. Boucheron a transposé cette finition dans le répertoire de la joaillerie et en a fait un de ses motifs de prédilection. On comprend pourquoi : les têtes de clous pyramidales séparées de sillons sont d’une grande beauté. Et surtout, parcequ’elles évoquent les pavés parisiens, elles rappellent tout ce que la joaillerie parisienne doit à Boucheron qui, le premier, a choisi de s’installer place Vendôme et a contribué plus qu’aucune autre maison à faire de ce lieu d’origine martiale l’épicentre mondial du luxe et de la joaillerie.

Double godron

Ornement en relief, le godron s’impose dans le registre créatif de la maison depuis la fin du XIXesiècle. On dit même parfois qu’il a été créé en 1889 par Frédéric Boucheron grâce à une technique, dite de la cheminée, permettant d’assembler différents joncs d’or. Sa forme arrondie proclame volontiers l’éternité, elle exprime aussi l’étendue des savoir-faire mis en œuvre dans une collection qui se réinvente à l’infini : dans le blanc de la céramique, dans le noir brillant du PVD, dans les ajours monochromes et géométriques de la version Radiant qui métamorphose avec sensualité le bijou de peau.

Serti miroir

La Parisienne véritable n’est pas la femme qui est née à Paris mais celle qui s’y est réfugiée, ne serait-ce que par l’imagination. Voici ce à quoi nous pensons en contemplant l’anneau d’or qui se caractérise par son serti miroir offrant à la lumière toute la surface nécessaire à sa réverbération. Car chacun trouvera dans la bague Quatre les reflets des paysages qui ont fortifié ses propres jardins secrets. La richesse architecturale et la prismatique diversité de la bague évoqueront, selon les tempéraments, les balustrades des stupas bouddhiques, les tissages serrés à l’ottomane, les moulures romanes. Au fond, Quatre est aussi le bijou des voyages intérieurs.

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